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Pourquoi la sieste au bureau ne devrait pas être tabou?

Dernière mise à jour : 22 juin



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Une sieste à la mi-journée est un moyen simple et efficace de combattre le stress, stimuler la concentration et regagner du sommeil perdu.


La sieste se définit comme un temps supplémentaire de sommeil que l’on se donne dans la journée. Le mot vient de l’espagnol «siesta», issu du latin "hora sexta", la sixième heure, la plus chaude du jour. Mais nul besoin pour la justifier de prétexter qu’il fait chaud, ou encore que l’on a mal dormi la veille ou fait un repas copieux et arrosé, même si, dans ces cas-là, elle s’impose plus facilement…

Un besoin naturel dont il ne faut pas abuser

«La sieste est un besoin naturel, à tout âge de la vie», explique le Pr Damien Léger, vice-président de la Société française de recherche et médecine du sommeil et responsable du Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu, à Paris. «Pour autant, poursuit-il, on n’explique pas bien les raisons de ce creux de la mi-journée.»


La sieste idéale dure de 15 à 20 minutes. Elle permet d’entrer dans le sommeil sans avoir de difficulté à en sortir. Plus longue, elle risque, au réveil, de faire éprouver ce que les spécialistes appellent «l’inertie du sommeil», liée à une plongée trop profonde dans les bras de Morphée. Plus discrète, la micro-sieste de 2-3 minutes permet une toute petite coupure et a un effet relaxant. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser aller quelques instants.

Bénéfique, mais toujours tabou


Comment la pratiquer? Il faut s’installer confortablement dans un endroit peu bruyant où l’on ne va être dérangé et penser à se faire réveiller. Il n’est pas nécessaire de s’isoler, de se mettre dans l’obscurité ou d’être allongé (on peut «siester» assis). Il suffit de fermer les yeux et de se laisser aller au sommeil en respirant calmement, voire en s’adonnant à des exercices de rêverie. Il est inutile de chercher à dormir à tout prix. «Même si le sommeil ne vient pas, la sieste aura quand même un effet relaxant», précise le Pr Léger.

De nombreuses études ont montré les effets positifs de la sieste sur les fonctions cognitives. Après une sieste, on est plus attentif et moins anxieux. La mémoire et la concentration sont au top. On est plus performant. Cependant, «la sieste continue d’être tabou car elle est associée à la paresse», déplore le Pr Léger.

En 2015, son équipe a établi les effets physiologiques bénéfiques de la sieste chez les personnes privées de sommeil. Chez celles-ci, la concentration des facteurs inflammatoires dans le sang (immunoglobulines, cortisol) augmente. Ces personnes sont aussi plus sensibles à la douleur. La sieste leur permet de rétablir ces paramètres au même niveau que quelqu’un qui n’est pas privé de sommeil. «Chez les travailleurs de nuit, qui dorment en moyenne une heure de moins que les travailleurs de jour, ceux qui font la sieste souffrent moins d’obésité ou de diabète que ceux qui ne la font pas», complète le Pr Léger.

A l’heure où, selon les dernières statistiques de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (2015), 33 % des salariés sont privés de sommeil, c’est-à-dire dorment moins de 6 heures par 24 heures, on ne peut que regretter que la loi travail, qui prévoit certes des temps de repos obligatoires, n’ait pas intégré la sieste dans ses dispositions!

(Source le Figaro.fr)

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